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LA MAISON DE DIEU
TABLE DES MATIERES GEJ10
LE GRAND EVANGILE DE JEAN - JACOB
LORBER
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Terre et Lune de Jacob Lorber
CHAPITRE 66
(Suite du sujet précédent. La compréhension raisonnable du cérémonial actuel ecclésiastique. Comment se comporte en ces cas celui qui est vraiment sage. Il est mieux d'aller à l’église que de faire du mal ! Exemple tiré de la vie du Seigneur qui visita Le temple bien qu'en connaissant les maux ; une parole de Jéhovah ! Qui va à l'église au nom du Seigneur, Celui-ci est aussi dans l'église avec lui. Soyez tolérants et laissez le Jugement au Seigneur. Pourquoi devrait-on éloigner ce qui plaît encore tant à la majorité ? Le Créateur semblable à un potier ; le potier et les marmites. Ce que le Seigneur fait pour une âme qui honnêtement Le cherche, et comment d’aucune valeur est le monde entier comparé à une telle âme ! La zoologie des esprits dirigeants et les animaux empaillés des musées. )
- 13 avril 1847 -
A quoi sert de se lamenter en vain, de maugréer, de critiquer, et de se déclarer sottement dégagé de tout ce que prescrit d'observer une semblable église débordante d'idolâtrie ?
Tout cela ne sert à rien ; quand un torrent court et est devenu violent, alors il est trop tard pour s'opposer à lui et le retenir dans sa course, parce qu'ainsi on ne fera rien d'autre que de le rendre encore plus gonflé avec le risque que, les digues rompues, il aille dévaster tout le pays sur lequel se déversera l'inondation. Le chose le plus raisonnable en ces cas est de laisser que le torrent s'épanche librement par sa route ; quand il aura rejoint la mer, sa fureur se calmera et s'évanouira ensuite complètement.
Mais tout aussi stupide serait de vouloir nager à contre-courent dans un semblable furieux cours d'eau. Personne ne pourrait avancer d'un pouce, car, plus on voudrait employer une grande force pour s'opposer au flot en se précipitant contre lui, plus le flot-même frapperait avec une violence d'autant plus grande le nageur en face et l'entraînerait au fond. Le mieux de tout est de laisser le torrent courir là où et comme il semble destiné à s'écouler, et se tenir soi-même, dans son propre cœur, le plus loin possible du torrent même, en se maintenant au contraire sur le chemin un peu plus rude peut-être, mais garanti de la pure vérité.
S'opposer à quelque chose qui s'est développé sur la base de règles déterminées progressivement et toujours plus au cours des siècles, serait la plus grande folie, et correspondrait à la guerre d'un soldat contre mille. Que peut faire un contre mille ? Le cas serait le même de quelqu'un qui voudrait se rebeller contre un système général de toute façon constitué ; ses idées et ses intentions peuvent être bonnes et justes autant qu'on veut, mais à quoi cela lui sert-il si la grande masse est aveugle et sourde ? Alors il ne lui reste rien d'autre que d'être prudent et de naviguer honnêtement selon le vent, mais non pas contre, parce que cela lui servirait peu.
D'ailleurs Je ne regarde jamais l'extérieur, mais bien uniquement l’intérieur de l'homme ; par conséquent toute honnête chrétien peut se rendre tranquillement dans une église pour y assister aux soi-disant cérémonies du service divin, mais en se trouvant en son cœur près de MOI, et tout cela ne lui apportera absolument le plus petit dommage.
Qui par ailleurs, en assistant à cet office divin, en reste scandalisé, peut s'en tenir à l’écart ; car nul n'y est tiré à l'intérieur par les oreilles ; mais si même c'était le cas, personne n'a rien à perdre même si réellement il est contraint à rester dans l’église, car il est mieux en tous les cas de se trouver dans une église pour y accomplir certains actes de dévotion, que de s'en aller les dimanches et les jours de fêtes commandées à la chasse, ou de se consacrer au jeu, ou bien de mener des affaires usuraires, d'ourdir des intrigues, de visiter des femmes de renommée douteuse, ou bien de faire d'autres choses similaires point propres.
A côté des cérémonies sont aussi tenus des sermons, avant lesquels sont au moins lus quelques versets de l'Evangile ; et si réellement à quelqu'un le sermon ne plaît pas, qu'il s'arrête sur ces versets seulement, et il pourra de la même manière en tirer ce peu qui suffit à le faire parvenir à la vie éternelle, à condition qu'il agisse vraiment conformément à ces quelques mêmes versets ! Par conséquent il est un peu difficile que quelqu'un perde quelque chose même s'il se rend dans une semblable maison de prière, où il peut toujours trouver encore quelque chose qui lui rappelle MOI ; mais si quelqu'un par contre exclusivement par haine contre une semblable idolâtrie se déclare dégagé de tout lien avec elle, et ne s'accroche pas à quelque chose de mieux, mais bien habituellement à quelque chose de pire, on demande: A quoi lui aura servi son détachement du vieux régime ? A Moi, il Me semble que cela ne lui aura servi à rien.
Le Temple de Jérusalem, au temps où Je vécus corporellement sur la Terre, était totalement un temple d'idoles : parce que, d'une maison de Dieu ce n'était même ces le cas d'en parler. Jéhovah ne demeurait plus dans le Temple, à l'exception des moments où LUI parfois s'y rendait et y enseignait.
Mais MOI qui suis Jéhovah - ainsi parle le Seigneur - je ne défendis à personne de visiter le Temple et d'y faire son offrande, et Moi-Même Je M'y rendis souvent et J'y enseignai, et là Je remis aussi à la femme adultère ses péchés ; ainsi aussi, Mes disciples n'eurent jamais la défense de visiter le Temple, bien qu'il fût complètement un temple d'idoles. Pourquoi maintenant quelqu'un devrait-il donc se scandaliser en allant dans une église ? Car si vraiment quelqu’un s'y rend en Mon NOM, Je suis Moi-Même avec lui et Je vais avec lui ; et quand une fois nous sommes à l’intérieur, certainement personne ne nous en chassera ; mais tant que Moi J'y pourrai résister, pourra bien y résister aussi celui avec qui Je suis entré dans l'église !
En général personne ne doit invoquer, foudre, feu et soufre du Ciel, tant que Moi-Même Je ne trouve pas opportun de les jeter sur la Terre. Mais, à quel moment tout cela sera nécessaire, Je le sais mieux que tous.
Mais Je pense que, tant que pour une si immense quantité de gens, cela constitue une très grande joie que d'appuyer et de soutenir de toutes les manières possibles de telles manifestations idolâtres, de payer des messes et des offices, d'attribuer des dons et des fondations, d'édifier des églises et des chapelles grandes et petites, de remplir les troncs des aumônes, de construire des orgues, de consacrer des cloches, d’organiser des solennités funèbres, de même que de confectionner ce que l'on appelle de très chers ornemente sacrés, ainsi que d'organiser des pèlerinages on ne plus coûteux et de s'inscrire à des confraternités relatives aux affaires... Tant que c'est ainsi, Je dis, que cela continue donc ; et pourquoi donc devrait-on anéantir d'un souffle, comme une bulle de savon, tout ce en quoi l'humanité se complaît tant aujourd'hui encore ! Qui veut être stupide et aveugle, et se complaît grandement dans de telles cérémonies, dans la pompe et le faste des ors, des pierres précieuses avec leur substrat de la plus crasse ambition, que celui-là reste donc stupide, aveugle et fou.
Quel intérêt puis-Je avoir, Moi, à un monde rempli de fous ? Je vous le dis : Beaucoup moins que ne peut avoir d'intérêt pour un potier une marmite mal réussie et qu'il peut réduire en miettes quand il veut. Mais comme le fabricant de marmites ne fera pas deuil quand il aura brisé un semblable ustensile mal réussi, moins encore ne sera triste Mon Cœur à cause d'un monde plein de fous, étant donné que pour Moi il n'est guère difficile de ME créer à se place un autre monde rempli d’anges.
Mais si quelqu'un ME cherche, celui-là aussi ME trouvera, et Je l'accueillerai, et il ME sera plus cher que tout un monde plein de fous, et Je ferai aussi pour lui seul plus que pour tout un monde saturé de folie.
Si donc Je ne Me démène pas trop à cause du très stupide état des choses, et que Je laisse pour ainsi dire que l'eau suive son cours, que cela vous serve d'indication que toutes ces choses telles qu'elles sont à présent dans le monde, et tous les fous qui leur rendent hommage, M'intéressent bien peu ou même absolument pas.
Cependant, lorsque ici et là Je trouve des particuliers qui, sous tout rapport, s'intéressent seulement à Moi, alors Moi aussi Je M'intéresse à eux plus que du monde entier. Je veux que ce particulier ait à nager dans l'abondance de Ma Grâce, et qu'il boive du pur vin, tandis qu'au monde dans sa folie, Je donne les pelures ; parce que, ainsi que Je l'ai dit, un bon Me tient plus à cœur, beaucoup plus, et même Me tient exclusivement à cœur, en comparaison d'un monde entier plein à craquer de sots et de fous, monde qui M'importe précisément autant qu'une plante pourrie qui pousse sur la route et est foulée aux pieds dans la poussière par les passants. Combien de fois l'herbe d'un pré n'a-t-elle pas déjà été fauchée ? Et qu'importe cela ? Il y en a toujours une autre qui pousse aussitôt après ! Or ceci est aussi le cas des hommes de cette Terre qui sont des fous et qui tiennent à être tels.
La chose peut aussi s'exprimer autrement, c’est-à-dire : pour une bête affamée, toute nourriture est bonne ; la grosse mouche absorbe les sucs des immondices et de la boue, le ver dévore la pourriture, et les porcs ne sont pas non plus des gourmets, tandis que l'âne notoirement se contente du pire fourrage. Or, si de tels hommes veulent être semblables à ces animaux, qu'il en soit donc ainsi, et qu'ils soient alors nourris avec le même aliment, car un autre ne leur plairait pas. Et si même ils ne servent plus à rien ici, ils pourront bien un jour servir dans l'au-delà en fournissant aux esprits meilleurs l'occasion de se mettre au courant avec l'étude de la zoologie, peut-être un peu trop négligée en cette vie ; car la zoologie est une science extrêmement importante, et étant donné que - comme il l'a été suffisamment montré en cette œuvre - les esprits parfaits ont la charge de s'occuper du développement des règnes minéral, végétal et animal, il va de soi qu'ils ne peuvent être des profanes en fait de zoologie. Mais il s'agit là, certes, d'une bien autre zoologie que celle qui est entendue en ce monde, où chacun est, ou du moins veut être, un bon zoologue quand il est arrivé à distinguer les animaux simplement par la peau ; raison pour laquelle dans les écoles de zoologie et annexes de musée, ne sont présentées d'habitude que les formes approximatives des animaux, formes consistant en peaux rembourrées ou empaillées.
Je crois avoir désormais assez disserté sur ce sujet, et c'est pourquoi la prochaine fois nous passerons à examiner encore une autre chose remarquable et tout à fait mystérieuse.
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