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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 12:23

 



Terre et Lune de Jacob Lorber

 

CHAPITRE 60

 

(La fatale inclination aux jeux : une horreur d'éducation est aussi une voie ouverte à la possession de la part d'êtres infernaux. De l'éducation moderne des garçons. L’histoire et la géographie, bonnes études aussi du coté psychique. Effets du démon du jeu et son essence Judas Iscariote. De l'éducation féminine moderne. Les causes d'une dégénérescence: La possession muette. Les bons jeux aptes à produire les bonnes impulsions. Ces âmes mondaines qui se croient justes et bonnes, et sont réputées telles. Les grands obstacles au progrès spirituel de semblables âmes, qui souvent sont dépassées par les fornicateurs, par les voleurs et par les assassins. Le prédicateur moderne. Le déplorable état de ces fameuses âmes du monde dans l'au-delà.)

 

- 1 avril 1847 -

 

Une autre catégorie d'hommes a déjà depuis la jeunesse une particulière inclination pour toutes sortes de jeux, chose qui dérive d'une très grave erreur d'éducation; ils ne peuvent employer autrement le temps, sinon qu'avec des Jeux et des passe-temps. Cette propension aux jeux est éveillée par des parents sots et myopes, par le fait qu'ils pourvoient déjà continuellement les enfants encore petits d'une quantité de ce que l'on appelle des jouets, dans le but de pouvoir moyennant ceux-ci les faire tenir tranquilles s'ils sont vraiment petits, et, s'ils sont un peu plus grands, pour les encourager à une quelconque activité.

Pour vendre de semblables jouets il y a même dans les villes des magasins appropriés, et pire encore, il y a tout bonnement des marchés et des foires où de tels produits sont offerts à la vente dans l'assortiment le plus varié possible, et souvent sous les formes les plus scandaleuses. Voilà, ceci est une nouvelle source et une nouvelle voie par laquelle les mauvaises âmes des hommes défunts s'insinuent dans la chair de semblables enfants.

Et quelles en sont les conséquences ? Ces enfants sont incités par les esprits demeurant en eux à demander toujours plus et toujours de nouveaux jouets; et les enfants de plus d'un parent possèdent tant de jouets qu'ils peuvent déjà constituer un assez bon capital. Les enfants se précipitent alors sur ces jouets et n'ont presque plus de répit et de paix pour penser à quelque chose d'autre. Les garçonnets ont des chevaux de bois, des casques de papier, des fusils et des sabres de fer-blanc ; mais quand ils ont grandi ils entendent avoir des chevaux vivants au lieu de ceux de bois, et de vrais fusils en échange des fusils en fer-blanc; car il est certes nécessaire qu'un jeune homme avant tout apprenne à danser, à faire du cheval, à faire de l'escrime et à nager. Quelques exercices au pistolet ne peuvent pas non plus nuire ! En outre, il va de soi qu'un jeune *cavalier*, comme vous dites, avant même de connaître sa propre langue maternelle, doit apprendre à bredouiller une paire de langues étrangères modernes; il faut qu'il puisse aussi naturellement lire avec compétence le journal de mode, que déjà tout jeune il s'habitue à enfiler les mains dans des gants glacés très étroits, au point de faire paraître les doigts comme tout autant de bâtonnets rigides, et bienheureux celui qui déjà depuis petit peut figurer comme premier dans quelque bal d'enfants, dans quel cas il s'en faut de peu que les parents d'un semblable génie ne tombent malades parfois en raison de la grande extase; mais en tout cas il y a des larmes de joie en abondance. Or ces larmes, en tant qu'éléments spécifiques qui se dissolvent, ont pour l'âme respective un très étrange effet; et c’est le suivant: puisque justement ces larmes ont dû prendre congé des yeux de manière si ridicule, elles cherchent à se réfugier ensuite dans les oreilles de la même âme, et c'est pourquoi aussi ce sont justement les oreilles qui trahissent alors un inhabituel énorme allongement.

De semblables enfants, non de belles espérances mais d'espérances perdues, engagés dans la vie par de tels parents dotés d'une ânerie vraiment exceptionnelle, ne peuvent se développer que comme des mirliflores vaniteux qui ne savent rien parce qu'ils n'ont jamais rien appris de tout ce qui aurait pu, soit même en petite mesure, enrichir le bon patrimoine intellectuel de leur âme.

Mais afin qu'un mirliflore de cette espèce soit parfait, il est aussi nécessaire que déjà dans les toutes premières années de sa vie il connaisse à fond tous les nobles jeux, au sujet desquels de nos jours on peut avoir sous la main même des écrits et des imprimés contenant les enseignements les plus opportuns et les plus utiles (pour l'Enfer il s'entend bien), et réellement de profondes considérations philosophiques !

Il serait certainement beaucoup mieux de savoir quelque chose en histoire, et la géographie ne gâterait rien non plus ; nous citons celles-ci, parce que de l'Evangile il vaut mieux ne pas en parler !!! Au monde, on ne peut donner que des conseils du monde, car ceux divins ne vont pas pour lui.

L'histoire et la géographie pourraient au moins approcher un peu de tels individus de ce qui est divin, tandis qu'eux, par l'effet de l'éducation moderne décrite antérieurement, son en train de s'acheminer intégralement sans grâce ni pitié par la voie la plus directe qui conduit au plus profond de l'Enfer. Et tout cela en conséquence du "démon du jeu" qui déjà dans les toutes premières années de la vie a pris possession de la chair, et s'y est enraciné; or ce démon est l'un parmi les plus obstinés et les plus tenaces; car il réunit en lui, la passion du jeu, le désir violent d'être admiré, l'avidité permanente des plaisirs, l'envie matérielle du gain et avec celle-ci l'ambition mal cachée. Ce démon est le plus difficile à chasser de la chair humaine, et il n'en sort presque en aucune autre manière, sinon qu'en celle dont il est sorti de Judas Iscariote, qui cependant était de loin bien meilleur que le moins pire des mirliflores vaniteux des temps modernes.

Le sexe féminin est lui aussi tout aussi gâté, au point que souvent déjà l'âme d'une demoiselle d'une douzaine d'années ressemble parfaitement à un Protée aux multiples formes; une demoiselle de cet acabit est déjà au berceau une modiste ; car dans ce but elle possède déjà de nombreuses poupées dont elle soigne la coiffure et à qui elle confectionne des habits neufs, en veillant en outre à leur apprendre certaines attitudes comme on les voit représentées dans certains journaux. En outre elle doit naturellement commencer à parler le français ou bien l'anglais, quant à prier nul n'y pense, pas même de loin. Le professeur de danse obtient aussi bien vite un beau travail à faire, et après lui, le professeur de piano et celui de dessin.

Ce faisant, et en appliquant comme il faut les systèmes d'instruction, de la pouparde au berceau à peine capable de se moucher le nez, on passe à une enfant prodige, et lorsque celle-ci est à peine haute de cinq empans elle devient déjà un ange, sinon tout bonnement une déesse.

Il va de soi que, non pour la religion en tant que telle, mais pour le bon ton, dans une semblable maison le catéchiste doit assumer la partie de Mentor.

Lorsqu'une semblable jeune fille a atteint la treizième ou quatorzième année elle est déjà arrangée selon les prescriptions du plus réputé journal de mode, et elle est introduite dans ce que l'on appelle le grand monde, en quelle occasion certes d'autres larmes de joie glissent des yeux des parents, lorsqu'une semblable enfant présentée pour la première fois dans la haute société y a reçu l'approbation du cercle.

Cette enfant, on le comprend, en dépit du guide catéchiste, ne connaît d'habitude pas même un texte de l'Ecriture Sainte, ni le Notre Père, ni les dix commandements; car la prière est sans aucun doute quelque chose de vulgaire, et il n'y a pas de place pour elle parmi la soi-disant authentique "haute volée". Ici avant tout on veille seulement au maintien, aux attitudes et à la démarche majestueuse, pour que tout soit conforme aux prescriptions du journal; après cela, ce qui a de la valeur, c'est une nuque bien en vue, un beau visage, des mains blanches, douces et un peu potelées, et plus encore un pied bien formé, proportionné et orné; et de même que n'a pas une mince importance le fait qu'une semblable jeune fille soit plus ou moins versée dans le noble art du flirt; et certes, pour finir, il est on ne peut plus nécessaire que, comme vous avez l'habitude de le dire, sa tenue soit très choisie. Toutes ces conditions étant remplies, un semblable exemplaire ultra moderne de luxe de "haute volée" féminin est bel et bien prêt.

Quel bonheur ce serait - ainsi s'illusionne plus d'une tête d'âne - de pouvoir obtenir pour épouse l'un de ces exemplaires de luxe féminin ! Où vraiment un tel âne serait réellement heureux; parce que son exemplaire de luxe pourrait au moins lui inspirer en peu de temps, la conviction suprêmement modeste d'être, lui, c'est vrai, une grande bourrique, et en second lieu que son enivrant exemplaire de luxe féminin n'est autre qu'un sépulcre blanchi, ou bien une statue dorée extérieurement mais dont le bois intérieur ne vaut pas même un centime.

Mais quelle est la cause d'une semblable dégénérescence ? Cette cause a déjà été indiquée avant; c'est la possession par l’œuvre de ce que l'on appelle un démon du jeu, qui se permet de faire de l'humanité ce que les enfants, particulièrement les filles, font avec leurs poupées.

Ne serait-il pas mieux, si l'on veut réellement que les bambins aient absolument des jouets, qu'on leur donnât pour jouer des objets tels qu'ils puissent d'une manière ou de l'autre avoir un rapport avec Mon Enfance sur ce monde ? Avec cela on cultiverait dans les petits enfants de bonnes impulsions; et lorsqu'ils seraient devenus un peu plus grands, ils s'informeraient avec une joyeuse curiosité des détails des choses et des évènements, et aussi du sens et des buts de leurs jouets. En de telles conditions un vrai catéchiste aurait ensuite certainement un travail on ne peut plus agréable à soigner la plantation d'une jeune vigne, et il en récolterait sous peu des fruits merveilleux.

Or on prend le chemin parfaitement opposé; et au lieu d'être enseigné pour le Ciel, l'enfant l'est déjà au berceau pour l'Enfer, qui d'habitude finit aussi par triompher.

De ce calibre sont les gens qui surtout sont envoyés vers l'Enfer, car ceux-ci s'estiment bons et très justes, et selon leurs concepts, tout à fait vertueux Pour le monde; penser à un repentir est chose vaine. Le repentir ne serait, selon l'idée de ces gens-là, qu'une régression et une décadence de leurs coutumes raffinées.

Un voleur ou un assassin peut éprouver du repentir; un fornicateur, un adultère et un gros buveur peuvent, étant donné certaines circonstances, être amenés au point qu'ils peuvent constater leur immense sottise, dans quel cas on peut leur dire: " Tes péchés te sont pardonnés" - "Va maintenant, et ne pèche plus !" - Mais que devrait-on dire à ces représentants du grand monde, très raffinés, orgueilleux et remplis de superbe ? Ils s'estiment justes et extrêmement civilisés, et ils observent les lois de la convenance et du bon goût; ils secourent même les pauvres quand les convenances le permettent, fréquentent même les églises, naturellement dans les occasions seulement où le monde élégant a l'habitude de se donner rendez-vous; ils assistent aussi à quelques sermons, à condition que le prédicateur soit un homme de bon goût et sache développer son sujet avec au moins une certaine élégance théâtrale, et que naturellement il possède aussi une voix agréable et présente bien. Des sermons certes il n'est pas fait grand cas, mais s'ils sont conformes à la mode et au bon goût, le prédicateur peut sans aucun doute en faire une édition élégante in-douze, et il peut la dédier à quelque dame influente; dans quel cas ces. sermons rendent au prédicateur au moins quelques sequins, ou bien parfois même un avancement dans la carrière; quant au libraire, non pas en raison des sermons eux-mêmes, mais pour une question de mode et pour l'hommage rendu à la noble dame, dès lors qu'ils lui sont dédiés, ils lui procurent une vente non à dédaigner. Certes, celui qui les achète ne se propose point de les relire, mais d'en enrichir sa propre bibliothèque et rien de plus. Mais de tout cela on voit combien il est difficile ou même tout bonnement impossible d'amener de semblables êtres au repentir; car avec eux, c'est vrai, il y a à y laisser, comme vous avez l'habitude de dire, aussi bien le baptême que l'huile sainte, et dans le monde des esprits il faudra beaucoup pour ramener ces individus sur le chemin de la Vie; car, bien que cela puisse vous sembler incroyable ceux-ci ont en dégoût Mon Nom, et Moi-Même Je constitue pour eux soit un néant absolu, soit tout au plus un pauvre moraliste des temps passés, dont la morale elle-même n'a désormais plus aucune valeur, étant donné qu'à Paris ils en ont inventé une bien meilleure.

Dans le monde des esprits, où naturellement ne sont pas admis les journaux de la mode parisienne, souffle ensuite certes un autre vent; c'est toujours sans doute un vent de grâce, mais pour ces âmes il sent pire que la peste, et c'est pourquoi aussi ils fuient très longtemps avant loin d'un lieu où ils soupçonnent que l'on peut s'attendre à un semblable vent de Grâce. Je vous le dis: De cette classe d'hommes nombreux seront ceux qui finiront submergés par les excréments de Satan, c'est-à-dire, parmi ces ultimes immondices ou scories matérielles destinées à entreprendre avec leur propre centre ce dernier voyage que vous connaissez déjà. Ces remarquables choses sont très claires, et sous divers aspects elles sont déjà pour vous très instructives; il serait donc inutile de vouloir en parler encore plus. Ceci posé, nous traiterons prochainement d'autres choses aussi très importantes.

Par estaran - Publié dans : POSSESSION - Communauté : Santé et Guérison
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